Randonneur empalé sur son bâton : il a marché 16 km avec le bâton planté dans le corps

David Cifaldi, un Américain de 32 ans, s’est empalé sur son propre bâton de randonnée le lundi 20 juillet 2026 pendant l’ascension du Granite Peak, le plus haut sommet du Montana : le bâton lui a traversé le flanc de part en part et il a redescendu plus de 16 kilomètres à pied, l’objet toujours planté dans le corps, avant d’être conduit aux urgences de Billings.

En bref

  • Qui ? David Cifaldi, 32 ans, infirmier de profession, parti avec deux amis.
  • Quand et où ? Le lundi 20 juillet 2026, vers 11 800 pieds (environ 3 600 m) sur le Granite Peak, point culminant du Montana (3 904 m).
  • La blessure : le bâton traverse le muscle grand dorsal et ressort de l’autre côté, avec environ 20 cm (8 pouces) entre les deux orifices.
  • L’issue : plus de 16 km de descente, soit environ six heures et demie de marche selon la chaîne KCEN, puis deux heures de route jusqu’à l’hôpital de Billings, seul établissement proche en mesure de retirer le bâton.

Ce qui s’est passé exactement, le 20 juillet, sur le Granite Peak #

L’accident tient à un détail minuscule. Vers 11 800 pieds d’altitude, soit environ 3 600 mètres, David Cifaldi pose le pied sur une petite pierre instable, lâche son bâton et bascule vers l’avant. Il retombe sur l’un des deux seuls objets pointus qu’il transportait.

Le bâton traverse son muscle grand dorsal — le grand muscle plat qui couvre le bas du dos et le côté du thorax — et ressort de l’autre côté. Les deux orifices sont distants d’environ 20 centimètres. Ce n’est ni une écorchure ni une plaie superficielle : c’est un empalement complet, à plus de trois heures de marche de la moindre route.

Il n’est pas seul : deux amis l’accompagnent. L’un d’eux, Jesse Ross, utilise un communicateur satellite Garmin pour prévenir les secours, une précision rapportée par les télévisions locales américaines. Mais Cifaldi, lui, décide de redescendre par ses propres moyens.

« Mon cerveau d’infirmier s’est enclenché » : l’auto-évaluation qui a tout décidé #

C’est le point le plus intéressant de cette histoire, et celui que la plupart des reprises ont survolé. Avant de faire quoi que ce soit, Cifaldi prend quelques respirations profondes. Ce n’est pas de la sophrologie : c’est un test. S’il peut inspirer profondément sans douleur thoracique aiguë ni gêne respiratoire, c’est que le bâton n’a atteint ni le poumon ni la cage thoracique. C’est sur cette base qu’il conclut que la blessure n’engage pas son pronostic vital et qu’il peut marcher.

Sa profession explique ce réflexe, même si les sources divergent sur son poste exact : Fox News le présente comme un ancien infirmier des urgences, tandis que la presse locale du Montana le décrit comme infirmier spécialisé dans le soin des plaies chez Intermountain Health. Les deux versions se rejoignent sur l’essentiel : il savait lire sa propre blessure.

Il fait ensuite demi-tour et refait, en sens inverse, l’intégralité de l’itinéraire déjà gravi — plus de 16 kilomètres. La description de la vidéo de KCEN News parle d’environ six heures et demie pour rejoindre la sécurité. Arrivé au départ du sentier, il faut encore deux heures de voiture jusqu’aux urgences de Billings.

Son commentaire, rapporté par les médias américains, est d’une lucidité froide : « Je me sens très chanceux. Quelques centimètres de l’autre côté et cette histoire serait différente. » Il a par ailleurs déclaré vouloir retourner en montagne.

Le reportage de KCEN News (réseau TEGNA) sur l’accident de David Cifaldi, mis en ligne le 24 juillet 2026 : 140 128 vues, 2 936 « j’aime » et 706 commentaires au 28 juillet. Attention, images pouvant heurter.

Pourquoi il ne fallait surtout pas retirer le bâton #

La règle est la même dans toutes les formations de secourisme françaises, du PSC1 aux fiches de la Croix-Rouge : on ne retire jamais un objet planté dans une plaie. Ni un couteau, ni un morceau de verre, ni un bâton de randonnée.

La raison est mécanique. L’objet fait tampon : tant qu’il est en place, il comprime les vaisseaux qu’il a sectionnés et limite le saignement. Le retirer libère d’un coup le trajet de la plaie et peut déclencher une hémorragie massive, en pleine nature, loin de tout plateau technique. C’est précisément pour cette raison que Cifaldi a été transporté jusqu’à Billings : il fallait un bloc, pas une pince.

Les référentiels de premiers secours ajoutent une consigne souvent oubliée : la position d’attente dépend de la localisation de la plaie. Une plaie au thorax se gère en position assise, une plaie à l’abdomen allongé jambes fléchies, une plaie à l’œil allongé sans bouger la tête.

Situation Le bon réflexe Ce qu’il ne faut pas faire
Objet planté dans une plaie Alerter, laisser l’objet en place, le caler pour qu’il ne bouge pas Le retirer, le faire tourner, l’enfoncer davantage
Plaie au thorax Installer la victime en position assise, surveiller la respiration L’allonger à plat, appuyer directement sur la plaie
Accident en zone isolée Composer le 112 (Europe) ou le 15 (France), ou déclencher une balise / communicateur satellite Quitter les lieux sans que personne n’ait donné l’alerte
Doute sur la gravité Traiter comme une plaie grave : toute plaie contenant un corps étranger en est une Attendre « de voir si ça passe »

Ces éléments sont donnés à titre d’information générale et reprennent les recommandations publiques de secourisme (Croix-Rouge française, référentiel PSC1). Ils ne remplacent ni une formation aux premiers secours ni l’avis d’un professionnel de santé. En cas d’accident, appelez le 15 ou le 112.

Un mot, enfin, sur la marche de Cifaldi : elle n’est pas un modèle à reproduire. Elle a été rendue possible par une localisation de plaie très particulière et par une évaluation faite par un soignant sur lui-même. Dans l’immense majorité des cas, la bonne décision est de rester sur place et d’attendre les secours.

Le Granite Peak, le sommet d’État le plus redouté après le Denali #

Le Granite Peak culmine à 12 807 pieds, soit 3 904 mètres, dans la chaîne des Beartooth, au sud du Montana. Ce n’est pas un sommet de randonnée : c’est une course de montagne.

Trois éléments que connaissent les habitués des state highpoints — les points culminants des cinquante États américains — et qui remettent l’accident en perspective :

  • Il est régulièrement décrit comme le deuxième point culminant d’État le plus difficile à gravir, derrière le seul Denali en Alaska, en raison du terrain technique, de la météo et de la difficulté d’orientation.
  • La voie normale est cotée classe 4, avec de longues sections d’escalade facile mais très exposée en classe 3-4. Beaucoup de cordées s’encordent et redescendent en rappel.
  • Neige et glace subsistent souvent jusqu’en juillet : piolet, crampons et maîtrise de l’auto-arrêt peuvent rester nécessaires en plein été. C’est aussi le dernier des cinquante points culminants d’État à avoir été gravi, en août 1923 seulement.

Autrement dit, l’accident n’est pas survenu sur un sentier balisé de promenade dominicale, et c’est ce qui rend la descente de 16 km encore plus improbable.

Bâtons et dragonnes : le vrai débat entre randonneurs #

C’est la question que se posent tous les pratiquants en lisant cette histoire : faut-il passer les mains dans les dragonnes ?

La dragonne, cette sangle au sommet de la poignée, sert à transmettre l’appui par le poignet plutôt que par la seule force de serrage des doigts. Sur un chemin roulant ou en montée régulière, elle est un vrai gain d’efficacité et de confort. Le débat porte sur le terrain technique : main engagée dans la dragonne, on ne peut pas lâcher instantanément le bâton en cas de déséquilibre, et le bras reste solidaire d’un tube rigide d’un mètre. Beaucoup de randonneurs expérimentés retirent donc les mains des dragonnes dans les passages raides, les chaos rocheux et les arêtes — exactement le type de terrain du Granite Peak.

Deux autres réflexes techniques valent d’être rappelés :

  • En descente, on rallonge les bâtons (souvent de 5 à 10 cm) pour garder un appui naturel sans se casser le dos. Un bâton trop court en descente pousse à se pencher en avant, ce qui augmente le risque de bascule.
  • On ne plante pas le bâton trop loin devant soi. Trop en avant, il fait levier au lieu de porter : sur sol glissant ou instable, c’est lui qui décide du sens de la chute.

Et en France ? 4 562 secours en randonnée pédestre en 2025 #

La question que se pose légitimement le lecteur français : ce genre d’accident, ça arrive ici ? L’empalement, pratiquement jamais. Mais l’accident de randonnée, oui, et de plus en plus.

Le Système national d’observation de la sécurité en montagne (SNOSM), l’organisme public qui centralise les interventions de secours en montagne, a publié en juin 2026 son bilan pour l’année 2025. Les chiffres :

  • 9 187 interventions de secours et 10 647 personnes secourues en 2025, soit +7 % par rapport à 2024 — et la première fois que la barre des 10 000 personnes secourues est franchie.
  • La randonnée pédestre est de très loin la première activité concernée, avec 4 562 interventions. Loin devant l’alpinisme (647), le ski de randonnée (625), le VTT (561) et le parapente (449).
  • 245 décès ont été recensés en montagne, dont 176 à la suite d’accidents traumatiques, en légère baisse par rapport à 2024. La randonnée pédestre concentre près de la moitié de ces décès.

Le SNOSM attribue la hausse à l’augmentation de la fréquentation et à l’arrivée de pratiquants parfois moins expérimentés. Les causes dominantes sont les glissades, chutes et dévissages, avec un effet croissant de la chaleur. Traduction concrète : ce n’est presque jamais l’exploit technique qui envoie les secours, c’est le pas de trop sur une pierre qui bouge — exactement ce qui est arrivé à David Cifaldi.

Si vous préparez une sortie cet été, quelques liens utiles sur ce blog : notre guide de la micro-aventure en France, notre guide du voyage à vélo et notre sélection d’escapades insolites en France.

Questions fréquentes #

Faut-il retirer un objet planté dans une plaie ?

Non. Les référentiels de secourisme français sont formels : on ne retire jamais soi-même un corps étranger planté dans une plaie. L’objet limite le saignement en faisant tampon ; le retirer peut provoquer une hémorragie massive. On alerte les secours (15 ou 112), on cale l’objet pour qu’il ne bouge pas, et on surveille la victime jusqu’à leur arrivée.

Les bâtons de randonnée sont-ils dangereux ?

Statistiquement, non : ils réduisent la charge sur les genoux et améliorent l’équilibre, et l’empalement est un accident extrêmement rare. Le risque ne vient pas du bâton mais de la combinaison chute plus terrain technique. Il augmente sur sol instable, en descente rapide, et quand le bâton est planté trop loin devant le corps.

Faut-il mettre les mains dans les dragonnes ?

Cela dépend du terrain. Sur sentier roulant et en montée, la dragonne fait gagner en efficacité en reportant l’appui sur le poignet. Sur terrain technique, en dévers, dans les blocs ou sur une arête, beaucoup de randonneurs expérimentés retirent les mains pour pouvoir lâcher le bâton instantanément en cas de déséquilibre.

À retenir

David Cifaldi, 32 ans, s’est empalé sur son bâton de randonnée le 20 juillet 2026 sur le Granite Peak (Montana) et a redescendu plus de 16 km avec l’objet planté dans le flanc, avant sa prise en charge à Billings. Deux enseignements dépassent le fait divers : on ne retire jamais un objet planté dans une plaie, et sur terrain technique, les dragonnes des bâtons empêchent de lâcher prise au moment où il le faudrait. En France, la randonnée pédestre a mobilisé 4 562 interventions de secours en montagne en 2025 — un record.

Sources : Backpacker, Fox News, KCEN News, SNOSM — bilan 2025, Croix-Rouge française.

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