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Grève dans l’aérien du 17 au 21 octobre 2026 : vos vols de la Toussaint sont-ils menacés ?

Non, à ce jour la grève des navigants prévue du samedi 17 au mercredi 21 octobre 2026 n’aura pas lieu : l’intersyndicale (SNPL, UNSA PNC, SNPNC-FO, SNGAF et UNAC) a suspendu son préavis le vendredi 9 octobre au soir, après de nouveaux engagements du gouvernement sur la réforme du cumul emploi-retraite. Aucune compagnie n’a publié de programme de vols réduit : les départs de la Toussaint sont prévus normalement. La suspension reste toutefois conditionnelle.

Mise à jour du 16 octobre 2026
Le préavis national déposé le 19 septembre est suspendu depuis le 9 octobre. Le syndicat SNPNC-FO résume : « Le préavis est suspendu, la vigilance est maintenue. » En échange, le gouvernement s’est engagé à réécrire la circulaire interministérielle et à publier un décret plus protecteur pour les navigants ; le même jour, le conseil d’administration de leur caisse de retraite, la CRPN, a voté en séance extraordinaire. Ce décret, annoncé pour la mi-octobre, n’était pas encore paru au Journal officiel au 11 octobre. Si les engagements ne sont pas tenus, les syndicats peuvent déposer un nouveau préavis : un gréviste devrait alors se déclarer au moins 48 heures avant, et la compagnie prévenir les passagers au moins 24 heures avant le départ.

Ce qui était annoncé le 19 septembre : Cinq syndicats de pilotes et de personnels de cabine (SNPL, UNSA PNC, SNPNC-FO, SNGAF et UNAC) appelaient à une grève nationale de cinq jours, du samedi 17 octobre 2026 à 0 h 01 au mercredi 21 octobre 2026 à 23 h 59 (heure de Paris), dans toutes les compagnies aériennes de droit français — soit exactement le premier week-end des vacances de la Toussaint. Le préavis a été rendu public le 19 septembre.

En bref

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  • Statut : préavis suspendu depuis le vendredi 9 octobre au soir ; il visait la période du samedi 17 octobre (0 h 01) au mercredi 21 octobre 2026 (23 h 59).
  • Qui : les pilotes (PNT) et les hôtesses et stewards (PNC) des compagnies relevant de la législation française, appelés par une intersyndicale de cinq organisations.
  • Pourquoi : la réforme du cumul emploi-retraite, votée dans le budget de la Sécurité sociale 2026 et applicable au 1er janvier 2027, que les navigants jugent « punitive et inadaptée » à des métiers où la loi impose une fin d’activité à 60 ans pour les pilotes et 55 ans pour le personnel de cabine.
  • Et vous : si votre vol est annulé pour cause de grève du personnel de la compagnie, l’indemnisation européenne de 250 à 600 € est due en plus du remboursement ou du réacheminement — sauf si l’annulation vous est notifiée plus de 14 jours avant le départ.

Cinq jours de grève en plein départ en vacances #

Le calendrier n’a rien d’anodin. Les vacances de la Toussaint 2026 commencent le samedi 17 octobre après la classe et durent jusqu’au lundi 2 novembre, pour les trois zones en même temps (le détail des dates est sur notre page consacrée aux vacances de la Toussaint). Le préavis couvre donc le premier samedi de départ, le dimanche, et les trois premiers jours de la semaine suivante : la période où les familles rejoignent le Sud, les Antilles, le Maghreb ou les capitales européennes.

Le périmètre est large. Le texte de l’intersyndicale vise « l’ensemble des personnels navigants des entreprises de transport et travail aérien, relevant de la législation française ». Cela concerne d’abord les compagnies françaises — Air France, Transavia France, HOP!, Corsair, French bee, Air Caraïbes, Air Austral, Air Corsica, ASL Airlines… — mais potentiellement aussi les bases françaises de compagnies étrangères dont les équipages sont sous contrat de droit français : le SNPNC-FO, l’un des cinq signataires, compte des sections chez easyJet, Ryanair, Volotea, Vueling ou Norse. Un vol opéré par un équipage basé à l’étranger n’est en revanche pas concerné par ce préavis.

Ce que les navigants reprochent à la réforme du cumul emploi-retraite #

Le cumul emploi-retraite, c’est la possibilité de toucher sa pension tout en continuant à travailler. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, article 102) en réécrit les règles pour toutes les pensions liquidées à partir du 1er janvier 2027. D’après la fiche officielle de service-public.fr, le nouveau système ne dépend plus des trimestres cotisés mais uniquement de l’âge :

Situation du retraitéCe que prévoit la réforme au 1er janvier 2027
Avant l’âge légal de départ du régime généralLes revenus d’activité sont déduits de la pension « en totalité, dès le premier euro »
Entre l’âge légal et 67 ansAu-delà d’un plafond annuel de revenus (7 000 € bruts dans le projet de décret cité par service-public.fr), la pension est réduite de 50 % du dépassement
À partir de 67 ansCumul intégral, sans plafond ni réduction

Pour un salarié « classique », l’âge légal est le pivot. Le problème des navigants, c’est que la loi leur interdit de voler jusqu’à cet âge. L’article L6521-4 du code des transports fixe la limite à 60 ans pour les pilotes (prolongeable d’un an à la fois, sur demande et sous réserve de l’aptitude médicale, jusqu’à 65 ans, uniquement en équipage à plusieurs pilotes) ; l’article L6521-5 fixe celle du personnel navigant commercial à 55 ans. S’y ajoute une visite médicale d’aptitude régulière qui peut mettre fin à une carrière du jour au lendemain.

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Ces retraités « précoces par obligation » disposent d’une caisse propre, la CRPN (Caisse de retraite du personnel navigant professionnel de l’aéronautique civile), un régime autonome inscrit dans le code des transports. Selon Le Quotidien des Entreprises, elle gère les droits d’environ 36 000 actifs et 25 000 pensionnés. Ses réserves atteignaient 5,1 milliards d’euros fin 2024, contre 5,5 milliards en 2019, précise Air Journal, qui rappelle que la Cour des comptes a pointé un déficit structurel lié à des départs plus précoces et à une démographie défavorable.

Le point de blocage : une circulaire au lieu d’une loi

Les syndicats ne sont pas partis de rien. Ils reconnaissent avoir obtenu « des promesses limitées » : une exemption partielle des navigants, mais assortie d’un écrêtement de la pension CRPN dès la liquidation de la retraite de base (la CNAV), et seulement « par voie de circulaire », qu’ils comparent à « une note de service interne ». D’autres pilotes, ceux de la sécurité civile et des transports sanitaires, sont eux exclus de la réforme directement dans la loi ou dans le futur décret d’application.

« Nous n’avons donc aucune garantie fiable, contrairement à d’autres populations qui, elles, sont d’ores et déjà exclues dans la loi voire dans le futur décret d’application comme les PNT de la sécurité civile et des transports sanitaires. […] Nous restons cependant prêts dès aujourd’hui à discuter à nouveau avec le gouvernement afin de faire aboutir nos demandes. »

— Préavis de l’intersyndicale PNC/PNT publié par le SNPNC-FO, 19 septembre 2026

La revendication tient en une ligne : l’exclusion des pilotes, des personnels de cabine et de la CRPN du dispositif, « par voie législative et décrétale ». Autrement dit, un texte opposable, pas une instruction administrative qu’un prochain gouvernement pourrait retirer.

Votre vol est entre le 17 et le 21 octobre : que faire maintenant ? #

Rien d’irréversible. Un préavis n’est pas une annulation, et les compagnies n’ont encore rien communiqué. Le précédent le plus récent le montre : le préavis des pilotes d’easyJet des 13 et 14 septembre a été suspendu la veille et reporté aux 24 et 25 septembre, comme le raconte notre suivi de la grève easyJet. Trois réflexes, dans l’ordre (et, pour un précédent à l’étranger, voir ce qui s’était passé pour les vols lors de la grève générale en Grèce) :

  1. Ne modifiez pas votre billet vous-même. Si vous annulez de votre propre initiative, vous perdez tous les droits attachés à une annulation décidée par la compagnie. Attendez sa notification.
  2. Vérifiez que la compagnie a vos coordonnées à jour (e-mail et mobile), surtout si vous avez réservé via une agence en ligne : c’est par ce canal qu’arrivent les annonces d’annulation et les propositions de report.
  3. Conservez tout : cartes d’embarquement, e-mails, factures de repas ou d’hôtel. Elles serviront si vous devez réclamer.

Si vous n’avez pas encore réservé et que vos dates sont souples, la solution la plus simple reste de décoller avant le samedi 17 ou à partir du jeudi 22 octobre, ou de privilégier un vol opéré par un équipage non soumis au droit français.

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Grève et indemnisation : ce que dit vraiment le règlement européen #

C’est le point que beaucoup de voyageurs ignorent. Le règlement CE 261/2004 prévoit une indemnisation forfaitaire en cas d’annulation, sauf « circonstances extraordinaires ». Or, depuis l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 23 mars 2021 (affaire C-28/20, Airhelp contre SAS), une grève du personnel propre de la compagnie n’est pas une circonstance extraordinaire. Le Quotidien des Entreprises le rappelle explicitement à propos de ce préavis : les transporteurs ne pourront pas s’en prévaloir.

Distance du volIndemnisation par passager
Jusqu’à 1 500 km (Paris–Nice, Paris–Rome)250 €
Vols intra-UE de plus de 1 500 km et autres vols de 1 500 à 3 500 km (Paris–Athènes, Paris–Marrakech)400 €
Plus de 3 500 km (Paris–Pointe-à-Pitre, Paris–New York)600 €

Cette indemnité s’ajoute au choix qui vous est dû dans tous les cas : remboursement intégral du billet sous sept jours ou réacheminement vers votre destination, plus la prise en charge des repas et, si nécessaire, de l’hébergement pendant l’attente. Pour un couple avec deux enfants sur un Paris–Fort-de-France annulé, l’indemnisation seule représente 2 400 €.

La nuance qui change tout : l’indemnité n’est pas due si la compagnie vous informe de l’annulation au moins 14 jours avant le départ. Avec un préavis connu près d’un mois à l’avance, les transporteurs ont donc intérêt à alléger leur programme tôt — avant le 3 octobre pour un vol du 17 — plutôt que d’annuler au dernier moment. Surveillez vos e-mails dès la fin septembre : une annulation reçue tôt vous fait perdre l’indemnité, mais vous garantit le remboursement ou un autre vol.

Ce qui peut encore changer #

Trois scénarios sont ouverts. Le gouvernement peut accorder l’exclusion réclamée, par amendement ou par décret : le préavis serait alors levé, comme le laisse entendre la porte ouverte « à discuter à nouveau ». Le mouvement peut aussi être maintenu avec une participation variable selon les compagnies, ce qui se traduirait par des annulations ciblées et des programmes réduits publiés quelques jours avant. Enfin, un accord partiel pourrait réduire la durée du préavis. Dans tous les cas, le mot d’ordre des syndicats est explicite : « les consignes de grève et d’autres informations sont à venir ». Cette page sera mise à jour à chaque annonce officielle.

Ce qui s’est passé (mise à jour du 16 octobre) : c’est le premier scénario qui l’a emporté, sous une forme partielle. Plutôt qu’une exclusion pure et simple, le gouvernement a promis une circulaire réécrite et un nouveau décret ; selon TourMaG, l’écrêtement des pensions ne s’appliquerait qu’à partir de la liquidation de la retraite de base. L’intersyndicale a suspendu son préavis le 9 octobre, sans renoncer à le relancer si le décret tarde.

La grève concerne-t-elle les vols Ryanair ou easyJet ?

Seulement si l’équipage du vol relève du droit du travail français, ce qui est le cas des navigants basés en France chez easyJet, Volotea, Vueling ou Ryanair. Un vol assuré par un équipage basé à Dublin, Madrid ou Londres n’entre pas dans le champ du préavis. La compagnie précisera, vol par vol, ceux qui sont maintenus.

Puis-je annuler mon billet maintenant et être remboursé ?

Non, pas au titre de la grève. Tant que la compagnie n’a pas annulé le vol, une annulation de votre part relève des conditions tarifaires de votre billet. Le droit au remboursement, au réacheminement et à l’indemnisation ne s’ouvre qu’à partir du moment où c’est la compagnie qui annule.

Pourquoi les pilotes ne partent-ils pas simplement à la retraite comme tout le monde ?

Parce que la loi leur interdit de voler au-delà de 60 ans (65 ans au maximum, sur demande annuelle et en équipage à plusieurs pilotes) et interdit au personnel de cabine de voler au-delà de 55 ans. Leur caisse, la CRPN, a été conçue pour couvrir cette période avant l’âge légal du régime général. La réforme du cumul emploi-retraite, elle, prend l’âge légal comme pivot : c’est ce décalage que dénonce l’intersyndicale.

À retenir

  • Préavis de grève nationale des navigants du 17 octobre (0 h 01) au 21 octobre 2026 (23 h 59), cinq syndicats, compagnies de droit français.
  • Cause : la réforme du cumul emploi-retraite (article 102 de la LFSS 2026) au 1er janvier 2027, jugée incompatible avec les limites d’âge légales des navigants (60 ans pilotes, 55 ans PNC) et menaçante pour la CRPN.
  • Aucune annulation annoncée au 21 septembre ; ne modifiez rien vous-même, attendez la notification de la compagnie.
  • Annulation pour grève interne = 250 à 600 € d’indemnisation en plus du remboursement ou du réacheminement, sauf notification plus de 14 jours avant le vol.

Sources : préavis intersyndical publié par le SNPNC-FO (19 septembre 2026) · Air Journal · Le Quotidien des Entreprises · service-public.fr, nouvelles règles du cumul emploi-retraite · code des transports, article L6521-4 · arrêt CJUE C-28/20 du 23 mars 2021.

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